Les pages nommées « Principes essentiels » présentent un certain nombre d’extraits (suite à une traduction en français) des livres de Patrick Kelly, avec son autorisation.

TAIJI JIN
Pour l’instant, nous pouvons dire que le fondement du secret est simplement le suivant : le Taiji jin est motivé par le Yi, énergisé par le Qi, issu de la Racine, et transmis à travers le corps en une vague de muscles qui s’étirent.

Mystérieux Taiji-jin/esprit profond
J’avais commencé à comprendre le mécanisme physique mais uniquement de manière théorique. Physiquement, l’émission repose sur le tempo, la direction et une réserve suffisante de Taiji-jin (Puissance  Elastique). Le tempo et la direction se modifient constamment et sont déterminés à 90% par notre partenaire et à 10 % par nous-mêmes. Ils impliquent l’aspect passif de l’Esprit Profond qui engendre la Prise de Conscience Profonde. Le Taiji-jin implique la partie active de l’Esprit Profond qui fournit l’impulsion pour l’élaboration du Yi ou intention d’agir. Il y a évidemment un troisième aspect de l’Esprit Profond – l’Intelligence Profonde – qui fait le lien entre les deux autres et donne la possibilité d’une réponse sensitive consciente. Comme Maître Ma Yueliang le déclarait sobrement « Facile à exprimer par la parole mais difficile à exprimer avec le corps ». Une chose est certaine : si vous pratiquez en vous fiant à la vitesse ou à la force, vous n’arriverez jamais à la moindre compréhension de tout cela.

Taiji jin/yin et yang
Au moment de l’émission du Taiji jin (puissance élastique du Taiji), les muscles doivent s’étirer, produisant un résultat totalement différent de la contraction ou de la détente. Plus important encore, la force du partenaire peut alors être absorbée, augmentant notre propre force plutôt que de s’y opposer.

Il existe un moyen cohérent pour comprendre le principe du Yin et du Yang, mais il concerne les lignes de forces qui agissent à travers notre corps et notre esprit, et non sur le poids du corps. En fait, la théorie de la séparation du Yin et Yang est liée à la méthode de neutralisation des forces entrantes. Céder et émettre font appel à des méthodes différentes bien que ces trois étapes d’une même action puissent se chevaucher ou même avoir lieu simultanément.

Ma formule se résume simplement à : Céder, Neutraliser, Émettre ; Yin–Yin, Yin–Yang, Yang–Yang.

Yin–Yin touche et connecte, Yin–Yang connecte et fusionne, Yang–Yang fusionne et émet. Toucher, connecter, fusionner et suivre. Ne pas résister, mais ne pas lâcher. Si vous comprenez cela, alors vous connaissez la méthode pour retourner au partenaire son esprit et sa force.

L’effet en est le « déracinement » du partenaire par sa propre force.

Le Jin d’Interception, parfois appelé le Jin de Réception, est le plus subtil Jin du Taiji et représente l’ultime raffinement de ces pratiques. Il implique simultanément de Céder– Neutraliser – Émettre, et s’obtient en diminuant la taille du cercle extérieur et en augmentant la taille du cercle intérieur, conduisant le cercle à travers le corps  plutôt que le corps à travers le cercle

 Jin d’interception et « céder »
Physiologiquement, l’une des réactions musculaires la plus instinctive du corps, est la tendance d’un muscle à se raidir et se raccourcir quand une force d’étirement lui est appliquée. Ce réflexe, de type rotulien est produit par un nerf sensoriel qui excite directement un nerf moteur au seul niveau de leur jonction neuronale dans la colonne vertébrale, sans qu’aucun neurone du cerveau ne soit nécessairement activé. Il semble qu’une fois le processus commencé il n’y ait aucune chance de l’éviter par une quelconque intention consciente, tout comme la frappe sur le genou par le marteau du médecin produit une tension incontrôlable des muscles de la cuisse produisant en conséquence la remontée de la jambe. (Cela est influencé par les capteurs d’étirement dans le muscle, alors que les capteurs d’étirement du tendon ont pour fonction de contrôler la détente complémentaire du muscle antagoniste.) Ce phénomène ouvre alors tout un ensemble de questions intéressantes sur le moment qui précède immédiatement le début du « céder » qui semble être le seul moment pour préparer et modifier consciemment ce processus. Connaître le moment où l’application d’une petite force va provoquer cette réaction hautement automatique est la clé pour projeter une personne « douce », par opposition à l’aptitude relativement grossière requise pour projeter une personne tendue.

 Le Jin d’interception
La Poussée des Mains, tant de que de Maître Ma avait une caractéristique importante qui faisait que ces deux experts de Taiji se distinguaient de tous les autres que j’ai rencontrés. Il s’agit de leur capacité à transmettre leur Taiji-jin, le long des bras de leur partenaire peu importe le point de contact, même lorsque leur partenaire essayait d’être détendu. Je travaillai moi-même là-dessus, recréant la méthode que je les avais vu utiliser tous les deux, et après beaucoup de fausses routes, je trouvai le chemin qui développe lentement cette capacité. Au départ, je croyais naïvement qu’il s’agissait simplement d’attraper les bras du partenaire quand ils étaient contractés dans une structure fixe puis de délivrer une force brusque en ne laissant pas le temps au partenaire de se retirer. Mais une fois encore, il ne s’agit là que d’une plus grande force et d’une plus grande vitesse, l’ancienne manifestation des arts externes.

Ce n’est que lorsque je commençai à travailler sur le niveau d’ « esprit à esprit », en percevant les forces plutôt que les mouvements et les positions, que je commençai à trouver la bonne voie. Quand notre partenaire forme l’intention de se déplacer, son corps se prépare pendant un court instant pour générer la force requise pour ce déplacement. Bien que son corps puisse être encore relativement détendu, dans le temps nécessaire aux muscles pour se modifier, il y a une direction dans laquelle nous pouvons découvrir percevoir une résistance à notre force. Sans résistance, la pression ne peut pas se développer, et sans pression – équivalente à une tension électrique – la force ne peut pas circuler. Mais tout d’abord, il doit y avoir un léger retrait qui permet au mouvement intentionnel du partenaire de tomber dans le vide. Au moment où l’esprit de notre partenaire éprouve ce vide, cela inverse immédiatement son intention en une réaction subconsciente. Essayant de ne pas poursuivre son mouvement et tomber dans le « trou » qu’il a perçu, le partenaire va, presque immanquablement augmenter la tension dans ses bras, à la recherche d’un soutien. C’est ce que nous attendions et, en s’écoulant pour diriger cette force depuis leurs bras jusqu’au sol, nous constituons la connexion par laquelle notre force élastique de Taiji (Taiji-jin) peut être émise – tout cela en un instant. Cet « assemblage de techniques » m’amena peu à peu à ce qui, maintenant, a été remplacé par une écoute subtile du cycle musculaire du partenaire, le fonctionnement instinctif de son corps n’obéissant plus à son esprit superficiel mais tombant alors sous l’influence de mon intention profonde. Cela me rappelle un ancien adage de Taiji : « Extérieurement facile, mais intérieurement difficile » que modifia en : « Extérieurement difficile, mais en interne presque impossible !»

YIN / YANG
Mais qu’est-ce que le Corps Yin et qu’est-ce que le Corps Yang ? Quelle est leur relation avec le Yi et le fonctionnement de l’esprit ? Et quelle application cela peut-il avoir dans notre pratique quotidienne ? A l’évidence, utilisait le concept Yin dans le sens de caché ou intérieur, attribuant à Yang le sens de manifesté ou extérieur. Son concept de Corps Yin incluait l’esprit et le champ d’énergie (Corps Yi-Qi), tandis que le Corps Yang est tout simplement le corps physique (qui comprend le fonctionnement du cerveau).

Mon mouvement initial est un mouvement du Yi dans le champ de l’esprit. Puis le Champ d’Énergie Personnel (champ du Qi), répondant immédiatement à l’influence du Yi, s’allonge et s’étire de manière élastique. Cela a pour effet de tirer alors sur le corps : dans un premier temps en l’arrêtant et en inversant le mouvement précédent puis en le tirant dans la direction du Yi. Plus cette séquence est consciemment pratiquée, plus elle devient réelle. Cela s’applique aussi dans la Poussée des Mains du Taiji, mais le timing y est beaucoup plus difficile. Quand mon esprit se déplace, l’esprit de mon partenaire le perçoit même s’il n’en a pas forcément conscience. Le Champ du Qi du partenaire ressent alors à la fois le « tirer » venant de mon Champ d’Énergie Personnel et celui issu de son propre esprit. Le corps du partenaire éprouve à la fois mon mouvement et le « tirer » de son Champ d’Énergie Personnel. Plus mon Yi est fort, plus l’effet sur mon partenaire est fort. Plus mon Yi est profond, moins il y a de chances pour que mon partenaire soit conscient de ce qui lui arrive.

CéderNeutraliserÉmettre
Yin-yinyin-yangyang-yang

Le corps entier peut être divisé horizontalement – dire que la partie inférieure est solide ou yang et est au-dessus vide ou yin – et verticalement, ce qui donne les combinaisons yin / yin, yin / yang, yang / yin et yang / yang. Cela crée l’alignement croisé dans le corps où yang / yang est diagonalement opposé à yin / yin et le yin / yang est diagonalement opposé au yang / yin. Chaque petite partie du corps peut être divisée de cette manière. La relation du yin avec le yang change constamment et avec elle l’alignement se croisant en chaque point. Cet alignement transversal peut également être pris dans le sens du yin et du yang dans le corps en interaction avec le yin et le yang dans l’esprit.

L’Esprit plein lorsque le corps est vide- le corps plein quand l’esprit est vide. Concentrer l’énergie en un point donné et le retirer dans un autre. Notre partenaire sait  ce qui s’est passé, mais il est trop tard. C’est tellement subtil qu’il ne peut pas détecter la façon dont cela s’est fait. Pour apprendre cela, quelqu’un qui le connaît bien doit nous le montrer maintes et maintes fois. C’est le secret pour éviter le double-poids et le plus important pour n’importe quelle application. Conduire le partenaire dans ce déplacement de force est le but. Aucune conduite dans le temps ou l’espace n’est nécessaire.

Au-delà de la conception dualiste du yin et du yang il y a quelque chose qui existe comme résultat de leur combinaison. Il s’agit d’un type de force qui n’est ni plein ni vide, mais dont les qualités dépendent d’où elles sont vues. Il s’agit de la plus haute compréhension du yin et du yang, mais elle ne peut pas être comprise en termes dualistes. L’interaction du yin et du yang comporte trois phases. Considérant seulement le corps et la puissance qu’il génère donne la suite. Premier mouvement de recul avec le retrait de la force. Puis le mouvement en arrière avec la force vers l’avant. Enfin le mouvement vers l’avant avec la force vers l’avant. Yin-yin; yin-yang; yang-yang.

Dans le Dao De Jing, un produit deux, et deux produit trois à partir de laquelle toutes les choses se manifestent. Un se réfère à la force non duelle mentionnée ci-dessus. Deux est le yin et le yang. Trois est l’ensemble des huit trigrammes allant de la Terre au Ciel à travers l’octave de l’homme. Les éléments se rapportent à cinq, de cette manière – quand la Terre est attaquée par le Bois il convient de produire du Métal pour consumer le bois; lorsque le Bois est attaqué par le Métal il devrait produire le Feu pour surmonter les métaux, etc. Chaque élément est issu d’un, engendre un autre, surmonte un troisième et est attaqué par un quatrième.

CÉDER
Un principe central de Taiji est de céder aux forces entrantes. Céder implique l’écoute, se retirer, adhérer et suivre. Cela spirale dans la neutralisation et augmente naturellement l’émission – de même l’arc cède pour, absorber, transformer et renvoyer les forces emmagasinées.

La détente est la base  pour céder, permettant un déplacement de la position pour éviter les conflits, tout en maintenant le centre et la racine qui ne sont pas affectés. En renonçant à l’évidence nous conservons ce qui est important. Certains pensent que le fait de céder est signe de faiblesse et qu’en conflit dans la vie réelle il n’y a pas de temps ni d’espace pour cela. Je suis en désaccord sur ces deux points. Tout d’abord, le sentiment qu’il n’y a pas de temps ou d’espace se pose à la suite d’une résistance interne subtile et peut-être non reconnue. Le sentiment de pression est le résultat du fait ne pas céder assez tôt, mais n’est pas une raison pour ne pas céder. Deuxièmement, quand l’art de céder est raffiné vers sa limite, elle se rapproche de l’idéal apparaissant en un rien de temps et ne nécessitant pas l’espace. A ce niveau, toutes les questions trouvent des réponses et tous les doutes se dissolvent.

Céder extérieurement implique de se retirer dans la direction de la force entrante. Peut-être que l’erreur majeure dans la pratique de la Poussée des mains est de pas parvenir à trouver cette direction exacte avec la conséquence de l’apparition d’une réaction. Si la direction correcte peut être trouvée, une petite déviation peut être introduite lentement afin que la force entrante soit progressivement orientée dans une courbe coupant sa ligne d’intention puis le retour à sa source ou dans le vide.

Céder intérieurement est le retrait de l’intention et de la force de la partie du corps qui reçoit la force entrante. Le flux interne, sur une courbe avec la bonne direction comme ci-dessus, créant un vide dans cette partie du corps, tirant la force d’attaque, tout en la faisant tomber dans le vide central. Il y a un écoulement à travers le pied dans le sol, ce qui crée une aspiration ou une vague de vide qui se construit en retour, le long de la ligne courbe ou un ensemble de lignes, vers le ou les points d’application de la force entrante. Il est senti au point d’application comme une accélération graduelle de vide comme le tourbillon formé quand l’eau s’écoule par le siphon d’une baignoire.

Les deux formes de céder, externe et interne sont nécessaires. Les débutants apprennent d’abord le céder externe. Comme la méthode est affinée le céder interne remplace progressivement l’externe. Le céder externe ne disparaît jamais complètement mais devient tout simplement une réponse du corps au céder interne et aux changements du partenaire.

ÉMETTRE
Que se passe-t-il lorsque l’arc a été tendu et que la flèche est sur ​​le point d’être lâchée ? Le décochage et le tir ont été exécutés par l’utilisation d’une double intention de l’Esprit – aspirer dans le corps comme bander l’arc et aller vers la cible avec l’Esprit. C’est le moment où la force interne maximale est disponible et qui idéalement correspond au minimum de tension externe. Il y aura une chaîne étirée de muscles à partir des points d’application de la force vers la racine, mais le reste du corps est maintenu aussi détendu que possible. Il ne reste plus qu’à trouver le vide qui permet à la flèche de voler, sans autre intervention. Ensuite, la libération de la force est automatique et naturelle et la force émise traverse les fissures et les points faibles de toute résistance.

Ce moment crucial de lâcher prise est souvent gâché par le sentiment ou la pensée que quelque chose doit être fait et génère une interférence avec l’intention de l’Esprit – en essayant de faire sortir la flèche – mais cela resserre seulement différents groupes musculaires et bloque le libre passage de la Force Élastique Détendue à travers le corps. C’est peut-être la raison fondamentale pour laquelle si peu de personnes développent la pure force élastique du Taiji. L’intention de l’Esprit correcte au cours de l’émission est l’écoulement et le lâcher prise tout en maintenant l’Esprit sur ​​la cible. La tension élastique précédemment créé par la double intention de l’Esprit est relâchée lorsque l’intention maintenue sur la flèche disparaît, permettant une chaîne progressive de relâchement à travers les muscles de tout le corps.

Avant le relâchement automatique, le pied doit être placé fermement sur ​​le sol quand le relâchement produit simultanément des forces puissantes vers et loin du sol. Afin de ne pas briser le mouvement, le positionnement du pied est plus efficace s’il est fait au cours de la phase initiale, lorsque les muscles sont relâchés. Dès l’instant où les muscles commencent à s’étirer, la force détendue presse plus fermement le pied dans le sol, faisant des ajustements difficiles dans l’autre pied.

L’énergie stockée par la descente du corps est annulée si le corps se lève pendant la délivrance de la force. Comme ces forces passent dans le partenaire, elles sont libres de choisir leur moment de retour – c’est là que la racine du partenaire est brisée par la force développée – et cela permet à l’expansion finale de prendre place dans notre corps.

TIMING
Il y a deux aspects pour s’entraîner au timing. Le premier est le timing de passage de la Force Élastique Détendue du Taiji à travers notre propre corps. Différentes parties du corps doivent être coordonnées telles que les vagues de déplacement entrant et sortant du corps entre le sol et les extrémités. Ces vagues de mouvement doivent s’harmoniser avec les forces élastiques et les pressions générées par les petits mouvements internes du corps. En  tournant, celles-ci devraient suivre les vagues d’énergie qui jaillissent au travers du corps en réponse au changement d’intention dans le champ de l’Esprit.

Avec un degré de prise de conscience plus ou moins grand , ces processus internes se produisent à l’identique au sein de notre partenaire. Pour négocier efficacement avec une force agressive, le timing pour générer et relâcher notre force est un résultat de ces processus qui doivent co-agir au moment critique avec ceux du partenaire. Trop tôt et il y a une discontinuité. Trop tard et il y a une résistance. C’est la pratique des exercices de Poussées des mains qui nous conduit progressivement à devenir plus sensible aux processus dans notre partenaire et permet la possibilité d’expérimenter avec différents timings quand nous interagissons avec eux. Des complications surviennent, lorsque des changements internes dans notre partenaire se combinent avec les nôtres, affectant notre timing interne suite à ce contact. Différents partenaires réagissent de différentes façons à ce mélange qui change légèrement notre propre timing interne de différentes manières. Quelques règles générales peuvent être trouvées qui s’appliquent à la plupart des gens mais seulement un entraînement avec un large éventail de partenaires donne la possibilité, fondée sur l’expérience, d’enclencher nos ajustements subtils avec le système Esprit-énergie-corps de notre partenaire, de sorte qu’il réponde à la demande de notre intention.

En pratique, lorsque nous travaillons et expérimentons le timing, le partenaire peut vous aider en allongeant la période pendant laquelle il livre son intention. Ensuite, le timing devient moins crucial et le mouvement peut être expérimenté en travaillant. Au début c’est suffisant puis il peut alors réduire lentement le temps d’expression, qui consiste à augmenter la vitesse et diminuer la longueur. Cela permettra le raffinement du timing sans bloquer le flux du mouvement. La prise de conscience de l’Esprit Profond tranquille, calme, et détendue est libre d’initier toutes les réponses. Au fil du temps quand les méthodes deviennent plus aisées et naturelles, céder, neutraliser et émettre se combinent en un seul court instant, mais dans un processus parfaitement ordonné. La confiance et quelques exercices d’entraînement intelligents sont nécessaires pour passer de cette théorie à la réalité. Ce qui interfère le plus c’est la tension produite en essayant de forcer la suite naturelle des événements.

LA SPHÈRE DE TOUS LES CERCLES POSSIBLES
Nombre de questions et d’observations du passé se relièrent lors de cet instant de compréhension. Je développai cette compréhension les années suivantes, revisitant tout ce qui avait été vu et tout ce qui pourrait être vu à la lumière des possibilités liées à des lignes de mouvement choisies, à la force (Taiji-jin), à l’énergie (Qi) et à l’intention (Yi). Ces dernières années, j’ai ainsi synthétisé cette information dans la théorie générale de la «Sphère de Tous les Cercles Possibles.» Quand on reçoit une force en un point donné, ce point doit d’abord se déplacer dans la même direction que la force, puis commencer à décrire une courbe, tout d’abord légèrement éloignée de la direction dans laquelle nous avons l’intention de tourner, puis rejoindre le cercle choisi pour renvoyer la force à son origine. A ce moment il y a 4 directions majeures pour ce cercle principal – gauche, droite, haut, bas – et 4 directions mineures – en diagonale vers le haut à gauche, en diagonale vers le haut à droite, en diagonale vers le bas à gauche, en diagonale vers le bas à droite. Toutes ces directions ainsi que l’ensemble de tous les cercles possibles entre ces orientations extrêmes – et il y en a une infinité –  forment la Sphère (l’Ensemble) de Tous les Cercles Possibles. La série de cercles la plus puissante comprend ceux de la moitié inférieure de cette « Sphère de Tous les Cercles Possibles  » dans la mesure où ils sont dirigés vers le sol sur lequel ils rebondissent. Mais la série de cercles à laquelle il est le plus difficile de résister sont ceux de la moitié supérieure. Bien qu’elle soit difficile à produire, celui qui la reçoit est coincé entre cette force et le sol, et n’a nulle part où s’échapper.

Les Classiques du Taiji l’exposent clairement, comme cela est connu depuis des siècles. Ils disent : « le Taiji-jin c’est comme bander un arc ». C’est assez évident. L’arc ne se détend pas, il se bande et les fibres de l’arc s’étirent pour stocker l’énergie, tout comme les fibres musculaires du corps peuvent s’étirer. Bien entendu, cela concerne uniquement la dynamique des muscles. Aussi doit-on y ajouter la compréhension de la méthode de l’énergie (Qi) et de l’esprit (Yi).

Principes essentiels …